Le 24 février 2013, les élèves de l’École Roumaine de Paris ont célébré le Mărțișor à travers un atelier dédié à cette tradition roumaine ancestrale. Les enfants ont fabriqué des mărțișoare, ont découvert la signification des couleurs rouge et blanc et ont appris les légendes entourant ce symbole du printemps. Cette activité a permis aux enfants de découvrir les traditions roumaines, de développer leur créativité et de comprendre l’importance de la générosité et de la solidarité, en offrant aux êtres chers un signe d’affection et d’amitié.






Mărţişor 2013
Qu’est ce qu’un Mărţişor (« martzisor ») ?
Un martzisor (diminutif de « martie – mars ») est une fine ganse formée de deux fils tressés, l’un rouge et l’autre blanc, auxquels on attache une petite figurine (un coeur rouge, une lettre, une fleur, un ramoneur, ou un trèfle à quatre feuilles), qui est un porte-bonheur.
En général, on le porte attaché au revers des vestons ou noués au poignet. Il est offert aux femmes et aux personnes qui nous sont chères en signe d’amour et d’affection en formant le voeu d’un printemps ensoleillé !
Pourquoi le rouge et le blanc ?
Parce que le rouge symbolise l’hiver et le blanc est le symbole du renouveau, de l’éveil de la nature, de l’arrivée du printemps.
Traditions, histoire et légendes autour du Mărţişor
Le Mărţişor (mot d’origine latine venant de « Martius », c’est-à-dire « Mars ») symbolise l’arrivée du printemps et c’est une fête traditionnelle roumaine et moldave, célébrée le 1er mars. Cette fête apporte la joie du premier jour du printemps qui chasse l’hiver et constitue une tradition unique en Europe centrale et dans les Balkans (Bulgarie, Albanie, Macédoine – FYROM).
La fête du martzisor trouve ses origines dans les pratiques agraires. Dans l’Empire romain, le mois de mars était dédié au dieu Mars, à la fois dieu de la guerre et protecteur des champs, des troupeaux et de la nature, expliquant les deux couleurs du mărțișor.
Certains estiment que cette tradition date des Daco-Traces, d’autres qu’elle fut introduite en Dacie par les Romains. Les Daces offraient symboliquement des pièces au mois de mars pour la fertilité, leur matériau (argent, or ou bronze) indiquant le statut social du donateur. Les mărțișoare étaient confectionnés en fil de chanvre ou de coton, rouge et blanc, en forme de huit.
Des archéologues ont découvert à Mehedinți des mărțișoare vieux de plusieurs milliers d’années, faits de petites pierres colorées rouge et blanc enfilées sur un fil. La première mention écrite figure dans le Registre de la langue roumaine (Iordache Golescu, 1830).
En Transylvanie, le mărțișor était accroché aux portes, fenêtres ou aux animaux pour éloigner les mauvais esprits, et en fin mars sur un arbre fruitier pour attirer le bonheur. Dans le Bihor, les hommes collectaient l’eau de pluie du 1er au 8 mars pour devenir « beaux et sains », tandis qu’au Banat, les femmes se lavaient avec de la neige le 1er mars pour faire des vœux d’amour.
En Moldavie et Bucovine, le mărțișor porté au cou comportait une pièce d’or ou d’argent sur un ruban rouge, porté par filles et garçons. En Dobrogea, les mărțișoare étaient portés jusqu’à l’arrivée des cigognes puis lancés en l’air pour porter bonheur. En République Moldave, cette tradition est très vivante avec des festivals de musique de 10 jours dédiés au Mărțișor.
La légende du Mărțișor
On raconte que Dochia, une vieille femme, avait une belle-fille qu’elle détestait. Par un jour glacial, elle lui donna un vêtement sale et lui demanda de le laver à la rivière jusqu’à ce qu’il devienne blanc. La jeune femme pleura mais persévéra. C’est alors qu’apparut un homme nommé Mărțișor qui lui donna une fleur blanche entourée d’un fil rouge et lui dit de laver une dernière fois le linge. Quand elle arriva chez elle, le linge était blanc et la fleur apportait chance. Dochia, surprise, crut que le printemps était arrivé, mais le gel la transforma en pierre.
Ainsi, le Mărțișor, avec son fil rouge et blanc, symbolise la victoire du bien sur le mal et annonce l’arrivée du printemps, apportant amour et bonheur aux êtres chers.
